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Projet Models of Autonomy

Une approche sociale, économique et mathématique de l’autonomie dans le vieillissement

Durée : 48 mois | Aide accordée : 1 510 000 € | Responsable scientifique : Archana Singh-Manoux, épidémiologiste, Centre de recherche épidémiologie et statistiques (CRESS), Université Paris Cité.

Pictogramme du projet Models of Autonomy : une courbe brisée, bleu foncée, terminée par un point.

Models of autonomy

Contexte

Le vieillissement des populations s’accompagne d’une augmentation de la part des personnes âgées et d’une diminution de celle des actifs. Cela a de fortes implications sur le système redistributif français où les actifs financent leurs homologues retraités. De nombreux travaux de recherche portent sur le vieillissement mais des questions subsistent car 1) une majorité de ces travaux a une visée descriptive ; 2) ceux évaluant les interventions sont axés principalement sur le soin et l’évaluation « coût-efficacité ».

Enjeux

Le présent projet résulte d’ateliers organisés par l’Institut Paris Public Health ayant rassemblé plusieurs disciplines académiques pour envisager des approches innovantes, pérennes du vieillissement en bonne santé. Nous proposons un programme de recherche sur la prévention des incapacités. Ce programme implique des épidémiologistes, des statisticiens, des économistes, des mathématiciens et des experts en science informatique.

Méthodes et données

Nous appliquerons une approche « vie entière » des systèmes complexes pour étudier en quoi les expériences cumulées au cours de la vie façonnent le vieillissement. Ce programme s’intéresse en particulier à la compréhension des inégalités sociales en matière d’incapacités et leur émergence au cours de la vie. En plus de l’influence des facteurs socio-économiques, nous examinerons celle des comportements de santé, des facteurs de risque cliniques, de l’accessibilité aux soins et de leur gestion pour les maladies chroniques et des facteurs contextuels sur la survenue d’incapacités chez le sujet âgé.

Ce projet comporte deux approches :

  1. L’une « vie entière », à partir de données de cohortes longitudinales (GAZEL et CONSTANCES en France, Whitehall et UK Biobank au Royaume-Uni, SHARE en Europe, et les cohortes sur le vieillissement du NIH aux Etats-Unis et dans plusieurs pays à revenu moyen ou faible). Cette modélisation étudiera les facteurs de risque et protecteurs des incapacités. Une attention particulière sera portée à la prise en compte de la multimorbidité et de la fragilité comme facteurs pouvant favoriser la survenue d’incapacités.
  2. L’autre par modélisation-simulation à base d’agents (Agent-Based-Modelling, ABM). Elle permet d’évaluer comment chaque élément d’un système se comporte selon ses caractéristiques individuelles et leurs interactions avec l’environnement. Ces ABMs incluront une grande variété de caractéristiques individuelles/environnementales ainsi que sociales contribuant à influencer les comportements, états de santé et l’utilisation des services de santé. Cette méthode a l’avantage de pouvoir a) modéliser les relations complexes impliquées dans les mécanismes causaux et de tester des éléments contrefactuels, b) estimer l’équilibre coût-bénéfice relatif entre les soins fournis en cas de perte d’autonomie par rapport aux scénarios de prévention.

Une recherche innovante

En plus de ces modélisations, nous travaillerons sur le développement de deux outils employés dans ces stratégies. Le premier concerne l’évaluation d’états pré-incapacité, encore que peu considérés dans la littérature. Le concept de fragilité, développé il y a 20 ans, ne propose pas de seuils spécifiques à l’âge. Notre objectif est de proposer une mesure de ‘forme physique’ à partir des mesures objectives et subjectives disponibles dans les cohortes longitudinales et d’évaluer sa performance prédictive sur la survenue d’incapacité, l’institutionnalisation et la mortalité. Le second est un outil permettant de mesurer le bien-être dans le cadre d’évaluations économiques, l’ICECAP (Investigating Choice Experiments CAPability). Notre projet vise à estimer les préférences de la population française pour cet outil, afin qu’il puisse être utilisé pour démontrer l’efficience de programmes de santé et d’aide sociale en France.

Au-delà de l’interdisciplinarité, ce projet met l’accent sur les comparaisons internationales et la formation de jeunes scientifiques.