Conçue pour les chercheuses et chercheurs en sciences sociales travaillant sur les thématiques du handicap et du vieillissement, cette nouvelle fiche repères est pensée comme une invitation à découvrir les formats de vulgarisation et de médiation scientifique existants et celles et ceux qui les produisent. Elle donne également quelques clés pour se lancer et développer de nouvelles initiatives.
Les sciences sociales, parent pauvre de la vulgarisation scientifique
Tout comme il y a un intérêt pour les objets de la biologie ou de la physique, il y a un intérêt pour la connaissance des sociétés et leurs phénomènes. Pour autant, la diffusion des savoirs issus des travaux de recherche en sciences sociales connaît deux freins majeurs.
D’abord, les sciences sociales ne sont pas toujours perçues comme des sciences « légitimes », ou du moins plus légitimes que les opinions que tout un chacun peut se former sur les enjeux sociaux. L’expertise scientifique est alors mobilisée à la marge, comme un complément d’information, et non pas comme un point de départ dans une discussion.
Dans ce contexte, le développement des opérations de diffusion des savoirs observé ces dernières décennies s’est opéré dans le champ des sciences expérimentales, mobilisant des outils et des méthodes qui ne sont pas transférables tels quels à la vulgarisation des savoirs issus des sciences sociales.
Afin de rendre plus visibles les objets, les méthodes et les résultats des recherches en sciences sociales, et par-là même participer à une meilleure (re)connaissance de l’expertise scientifique, un travail de création d’outils, de formats, de supports doit être engagé.
Bref panorama de l’écosystème de la vulgarisation scientifique
La vulgarisation a souvent mauvaise presse : on se la représente comme une simplification trop caricaturale de l’état des savoirs scientifiques ; il n’en reste pas moins possible de transmettre ces savoirs sans pour autant les trahir. C’est en prenant connaissance des acteurs qui participent à la vulgarisation qu’il devient possible de trouver des partenaires et des espaces pour élaborer de futurs projets de diffusion des connaissances.
Au premier rang des acteurs incontournables de la vulgarisation scientifique, on retrouve les médias, publics et privés, qui proposent une diversité de formats – écrit, vidéo et audio – où l’expertise scientifique est mobilisée selon une diversité de modalités. Par exemple, la Revue Dessinée propose des numéros thématiques approfondis et très documentés, rendus accessibles grâce au format bande dessinée ; l’émission La série documentaire sur France Culture aborde des questions de sociétés en mobilisant des scientifiques.
Le secteur de la vulgarisation scientifique est aussi marqué par l’associatif et le freelancing, qui sont fortement entremêlés. Les vulgarisateurs et vulgarisatrices professionnalisées travaillent souvent en lien avec des institutions de recherche ou avec les médias publics et privés. Leur notoriété déjà acquise est un atout pour ces institutions, notamment pour toucher un public déjà acquis et fidélisé. Ils sont également forts d’une connaissance approfondie des publics, des techniques pour les atteindre, mais aussi de la structuration des réseaux de la vulgarisation scientifique.
Cette nouvelle fiche repères, au-delà de dresser le panorama des acteurs de la vulgarisation scientifique, vous guide également dans vos prises de contacts (voir les encadrés « Que faire ? »).
Pour aller plus loin
Valoriser la recherche en sciences sociales : grand public et vulgarisation
Quels sont les enjeux de la diffusion auprès du grand public des questions de recherche, des méthodes et des résultats des travaux en sciences sociales ? Qui sont les acteurs de ce champ ? Découvrez quelques éléments de réponse pour vous familiariser avec la vulgarisation scientifique.