Né d’un besoin d’outillage et de partage de bonnes pratiques, ce guide s’adresse à celles et ceux qui souhaitent rendre leurs pratiques de production et de partage des savoirs plus inclusives. Sans chercher l’exhaustivité, il invite à intégrer l’accessibilité à chaque étape du travail scientifique, de la rédaction d’un document à l’organisation d’un événement, pour construire collectivement une recherche ouverte à toutes et tous. Suivez le guide !
L’accessibilité, c’est l’accès de toutes et tous à tout, sans discrimination et avec la plus grande autonomie individuelle possible
« L’accessibilité universelle est définie comme la nature d’un produit, d’un processus, d’un service, d’une information ou d’un environnement qui, en ayant à l’esprit l’équité et l’inclusion, permet à toute personne d’effectuer des activités de manière indépendante et d’obtenir des résultats équivalents. » [1].
C’est par cette citation que s’ouvre le guide « Vers une recherche accessible à toutes et tous ».
L’égalité d’accès est un droit fondamental, consacré par plusieurs textes français et internationaux, qui posent le principe d’accessibilité généralisée. Elle doit être pensée de manière transversale dans toutes les politiques publiques, y compris celles de l’enseignement supérieur et de la recherche.
L’accessibilité « en recherche » et « de la recherche » concerne tout le monde : les chercheuses et chercheurs qui doivent pouvoir exercer sans entrave, les étudiants, étudiantes, doctorants et doctorantes qui doivent pouvoir apprendre et évoluer dans les meilleures conditions, les personnes impliquées dans les recherches participatives qui doivent pouvoir s’engager sans barrière, les enquêtés et plus largement, toutes celles et ceux qui sont concernés ou intéressés par les savoirs scientifiques.
La mise en œuvre de l’accessibilité peut parfois rencontrer des résistances, car elle bouleverse des habitudes et peut être perçue comme une contrainte ou une limitation de la liberté créative. La réflexion et la mise en œuvre partagées avec l’ensemble du collectif de travail facilitent les changements et augmentent la portée des actions individuelles. À l’heure de la science ouverte, il s’agit de permettre à toutes et tous d’accéder aux recherches et de pouvoir y prendre part !
Un guide pour sensibiliser et qui propose des bonnes pratiques pour les activités au quotidien
Conçu pour celles et ceux qui souhaitent rendre leurs pratiques de recherche et de partage des savoirs plus accessible, ce guide propose, sans être exhaustif, une première entrée, structurée autour de fiches relatives à des situations d’usage fréquentes :
- Rédiger un document texte ;
- Organiser un évènement en présentiel ;
- Organiser un évènement en ligne ;
- Réaliser une vidéo ou un audio ;
- Communiquer sur les réseaux sociaux ;
- Réaliser une production graphique ;
- Rendre un site internet accessible.
Il met à disposition des clés et des pistes, issues des expériences, des réflexions, des lectures des autrices et auteurs (voir l’encadré pour en savoir plus) et renvoie, sans exhaustivité, vers des ressources plus détaillées.
Surtout, chaque fiche pratique se termine par un mémo, sous forme de check-list !
En fin de guide, une fiche repère présente différents outils et prestations d’accessibilité mobilisables dans les activités de recherche. Elle a pour objectif de mieux faire connaître ces dispositifs et de faciliter leur prise en compte dans la conception des projets et de leur budget. Lorsque les compétences n’existent pas en interne, la mise en œuvre de l’accessibilité nécessite le recours à des professionnels spécialisés.
Focus : organiser un évènement accessible à toutes et tous, mode d’emploi
L’une des fiches pratique du guide présente les différentes étapes pour rendre accessible un événement en présentiel, de la préparation de l’événement à sa réalisation. Organiser un événement scientifique accessible, c’est faire en sorte que toute personne, quels que soient ses besoins, puisse y participer pleinement, que ce soit en tant que public ou comme intervenant ou intervenante.
Il s’agit d’abord de choisir un lieu accessible, c’est-à-dire un lieu qui réponde aux critères d’accessibilité physique, mais aussi sensorielle et, de manière générale, un lieu adapté aux personnes présentes et à la programmation de l’évènement. Il faut pouvoir y venir, quel que soit son mode de transports, y déambuler confortablement, s’y repérer facilement, etc.
Pour qu’un événement soit réellement accessible, les informations qui le présentent doivent l’être aussi, qu’il s’agisse des supports de communication, du formulaire d’inscription ou des documents pratiques transmis en amont. Il en est de même pour tous les supports qui seront créés pour valoriser l’évènement.
Aussi, il est important de fournir dès que possible des informations claires sur les mesures d’accessibilité mises en place, et de préciser, lorsque cela est connu à l’avance, celles qui ne pourront pas être proposées. Cette transparence permet à chacune et chacun d’anticiper ses besoins et de savoir dans quelles conditions il ou elle pourra participer. Afficher cette attention portée aux enjeux d’accessibilité facilite aussi l’expression de leurs besoins par les personnes. Il ne faut d’ailleurs pas oublier de recueillir ces besoins dans le formulaire d’inscription !
Il est également conseillé d’informer les personnes qui interviendront lors de l’événement des attendus liés à l’accessibilité : notes à transmettre en amont pour l’interprétariat LSF/FR (langue des signes française / français), diaporamas accessibles, etc. Lorsque cela s’applique, le préciser dans l’appel à communication.
En ouverture de l’évènement, penser à Introduire les prestataires d’accessibilité et les personnes référentes pour l’accessibilité dans l’équipe organisatrice. Ces personnes peuvent porter un élément distinctif permettant d’être rapidement identifiées tel qu’un badge ou des vêtements colorés identiques.
[1] Définition élaborée en 2011 par le Groupe DÉFI Accessibilité (GDA) – Rapport de recherche pour les environnements associatifs de Montréal – Accessibilité universelle et conceptions contributives (version 5.3), LANGEVIN, ROCQUE, CHALGHOUMI et GHORAYEB, Université de Montréal
Les autrices et auteurs du guide
Célia Broussard – GNCHR (Groupement national de coopération handicaps rares) – Chargée de mission.
Amaury Castino – CNRS (Centre national de la recherche scientifique) – Chargé de médiation scientifique au Centre Max Weber.
Laura Girardin – Ocellia (École des métiers santé social en Auvergne-Rhones-Alpes) – Médiatrice scientifique pour le TransLab’ Azimut.
Claudia Giudicelli-Marquet – CNRS (Centre national de la recherche scientifique) – Responsable de l’administration et du pilotage pour le Programme prioritaire de recherche (PPR) Autonomie.
Sylvain Kerbourc’h – IReSP (Institut pour la recherche en santé publique) – Chargé de mission.
Virginia Lecach – FIRAH (Fondation internationale de recherche appliquée sur le handicap) – Responsable des appels à projets et de l’accompagnement des recherches.
Emeline Payen – EHESP (École des hautes études en santé publique) – Médiatrice scientifique et chargée de l’accessibilité sur le programme de recherche PRESPOL.
Jona Prifti – Fedrha (Fédération pour la recherche sur le handicap et l’autonomie), Inserm – Coordinatrice.
Marianne Vigneulle – CNRS (Centre national de la recherche scientifique) – Médiatrice scientifique pour le Programme prioritaire de recherche (PPR) Autonomie.
Pour aller plus loin

Guide « Vers une recherche accessible à toutes et tous »
Né d’un besoin d’outillage et de partage de bonnes pratiques, ce guide s’adresse à celles et ceux qui souhaitent rendre leurs pratiques de production et de partage des savoirs plus inclusives. Sans chercher l’exhaustivité, il invite à intégrer l’accessibilité à chaque étape du travail scientifique, de la rédaction d’un document à l’organisation d’un événement, pour construire collectivement une recherche ouverte à toutes et tous.